21/03/2024
Puisque nous sommes tous réunis, j'en profite pour rappeler que je ne suis pas un magasin, et que donc, si un "article" venait à manquer, non, je ne peux pas le commander. Je peux en ressemer, oui, si j'ai encore des graines et si c'est toujours la bonne période pour cela (et si vous m'êtes sympathique, mais ça c'est plus que souvent le cas, donc ça va), et non, je ne peux pas dire dans combien de jours, même à peu près, ce sera disponible. Seule la nature décide, et si elle veut prendre son temps, qu'elle le prenne, je ne force en rien mes semis.
Je ne veux pas non plus faire partie d'un mouvement politique écologiste, merci. Ne le prenez pas mal, les gars, mais vous êtes trop gentils, et si vous voulez vraiment faire quelque chose pour l'écologie, va falloir commencer à montrer les crocs, être beaucoup plus intransigeants et arrêter de chercher des compromis, surtout face à des gens qui n'ont que leur intérêt financier personnel en tête. Tout ceci est incompatible. Mais merci de me l'avoir proposé, c'est toujours bien d'essayer.
Certaines personnes m'ont fait part de leur étonnement lorsque je leur dis que j'ai refusé d'être interviewé par une chaine de télévision locale, et d'aucuns ont même qualifié ça d'erreur "stratégique". Peut-être. Mais dès le début je me suis fixé une ligne de conduite, que je souhaite suivre jusqu'au bout. Je n'ai aucun intérêt dans ce projet. Vous souhaitez interviewer quelqu'un ? Posez des questions aux plants, c'est ça qui est important. Ou alors allez voir des gens qui ont des choses à dire, ceux qui luttent, qui se battent concrètement pour faire en sorte que la situation s'améliore, et qui bien sûr n'y arrivent pas, parce que les intérêts financiers primeront toujours sur la qualité de vie. Allez demander aux personnalités politiques pourquoi rien n'est fait pour améliorer le quotidien dans les écoles de la ville (enfin, non, c'est pas que rien n'est fait, c'est juste qu'ils disent qu'ils ne peuvent rien faire — Tu peux rien faire ? Dégage, alors, et laisse ta place à quelqu'un de compétent !). Je n'ai pas lancé ce projet pour m'enrichir (sur ce point-là, objectif atteint). Je l'ai fait pour me sentir libre de faire quelque chose que j'aime, sans administration, hiérarchie à la con (supérieurs, subordonnés, vous voyez de quoi je parle ?), avec tous les risques que ça comporte (quelqu'un m'a dit un jour : vous avez toutes les qualités pour ce poste, mais je ne peux pas vous embaucher, vous êtes un risque. Elle avait bien raison).
Autre chose : les premiers plants de tomates seront disponibles à partir du mois prochain (dans quelques jours, donc). Si vous vous attendez à trouver le même genre de plants que ceux que vous verrez dans les jardineries, vous serez bien bien déçu.e.s, et aurez probablement envie d'aller les acheter ailleurs. Mon erreur, une fois encore, est de ne pas faire comme les autres. Bêtement, je prends des graines, que je mets dans de la terre, et que j'arrose. Pas de serres chauffées nuit et jour, pas d'engrais et autres saloperies non-naturelles. Du coup, mes plants font chétif à côté de ceux que vous trouverez chez ceux qui ne les font pas eux-mêmes mais les commandent à des sociétés dont le métier est de faire du pognon avant toutes autres choses. C'est une question de choix, et on en revient à la ligne de conduite fixée au début.
Dernière chose et puis je retourne à l'air libre : si vous passez me voir dans les jours qui viennent, vous constaterez que les étagères sont peu remplies. J'avoue que je n'avais pas prévu l'engouement généré par quelques publications de personnes extérieures enthousiasmées par mon projet. Du coup, je me retrouve un peu à court de tout. J'ai refais des semis, mais il y a un risque que vous ne trouviez pas chez moi ce que vous vouliez. Et peut-être faudra-t-il patienter. Peut-être même faudra-t-il aller ailleurs. Et peut-être certains vont-ils râler (allez, oui, s'il vous plaît, vous êtes tous tellement gentils et compréhensifs, y'a bien un co***rd qui va passer — y'a toujours un co***rd — qui va me vriller les nerfs et me mettre en rogne, hein ?). Mais c'est pas grave. Je l'ai déjà dit, mais imaginez le truc le moins grave au monde. Ok ? Eh bien ça, c'est encore moins grave. Je sème tous les jours, mais pas en grandes quantités (par choix, essentiellement). Tout vient à point à qui sait attendre. Ou pas.
Désolé pour la longueur du machin, si vous avez tenu jusque là, je sais pas comment vous avez fait (moi j'ai arrêté de lire au deuxième paragraphe), merci à celles et ceux qui en venant me voir, contribuent à soutenir la production locale, et que cette première journée de printemps soit pour vous source de joie, plaisir et ce que voudrez d'autres, moi j'ai plus d'idées !
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