13/01/2026
LE TROGNARD!
Cette nouvelle pratique dont j’expérimente le concept autour du jardin ce nomme la trogne. Un savoir ancestral qui nous vient du vieux continent et qui a tant fait ses preuves dans la paysannerie d’autrefois! Aujourd’hui, ce concept prend tout son sens dans la gestion de nos écosystèmes et refait surface dans les pratiques durables un peu partout dans le monde. L’arbre têtard, cette curieuse pratique barbare, une coupe brutal du houppier de l’arbre, un saccage vous diriez!!! Détrompez vous, la trogne renferme un savoir qui lui vaut son pesant d’or autour du jardin!
Mais conduire un arbre en trogne est un engagement, un contrat d’échange avec l’arbre qui vous liera avec celui-ci jusqu’à la fin de votre vie et si possible avec vos enfants, vos petits-enfants…
Cet engagement vous donnera à terme, petit bois pour vannerie ( 1 ans), branche pour copeaux (3 à 4 ans), bois d’allumage (1 à 4 ans), bûchette ( 7 ans) et bois de chauffage ( 7 ans et +) dans sa gestion la plus lointaine! L’entretien est de mise avec la trogne sans quoi l’arbre croulera sous le poids de ses rejets et de ses charpentières devenues trop grosses pour le pieds. En Europe et ailleurs où ces pratiques fût jadis entreprises, l’abandon de ces trognes sonne la fin pour ces doyens souvent âgés de plus de 300 voir 500 ans!
Au projet maison, plusieurs arbres nobles tel que l’érable rouge et le chêne rouge dominent les périphéries du jardin apportant leurs avantages et inconvénients. Producteur de biomasse importante avec leurs feuillages, il demeure que leurs ombrages nuisent à certaines cultures au jardin. C’est le moment où le Trognard rentre en jeu avec sa pratique mystérieuse, le coup de grace à ces pauvres arbres situés aux mauvais endroits. Ne lui laissant qu’un bout de son corps, nu au milieu du terrain, il restera comme un vulgaire poteau jusqu’au printemps venu! Car la trogne s’effectue pendant l’hiver, après les grandes gelées en lune décroissante. Plusieurs essences supporte très bien la trogne, le saule, le frêne, le peuplier à grande dent ( à voir) sont celles que j’expérimente en ce moment.
Le printemps venu, la résilience de ces espèces émerge par l’émulsion d’un paquet de rejets qui leur redonneront fier allure pour cette nouvelle saison. Voilà donc toute l’utilité d’une trogne qui fait surface, un arbre conserver aux abords du jardin, un allié futur pour la fertilité du jardin, une niche écologique pour plusieurs oiseaux, insectes et petits mammifères qui pourront prendre place dans les futurs crevasses de l’arbre. Pour ceux n’ayant pas de terre à bois, ils pourront bénéficier d’une production de bois de chauffage non négligeable tout en profitant d’une repousse fulgurante de l’arbre surtout avec l’érable rouge! Cet espèce est particulièrement intéressante par ses troncs souvent composés de plusieurs arbres et dont les rejets de souches sont très prolifiques. Les plus gros individus pourront être cueillis en entier et permettre à un rejet de devenir une future trogne qui à son tour, pourra être cueilli dans une optique d’autosuffisance en bois!
Voici mon dernier têtard ainsi que mes futurs et enfin mes trognes en action autour du jardin!