Blue Line

Blue Line Le "Tracé des Remparts", baptisé, "La ligne Bleue" est une œuvre créée à Brest en juin 2000 par Gwenaëlle Magadur, peintre-plasticien. La ville est un dessin.

Cartographier par la marche : la Ligne bleue ― Brest, juin 2000. Gwenaëlle Magadur

« S’il n’y avait pas de l’imaginaire pour donner substance à la réalité, il n’y aurait pas de réalité .» Edgar Morin. Par étapes successives, la ville se transforme. Par un entremêlement d’histoire et géographie, certaines villes font évoluer leurs espaces à un tel point que l’on ne peut souvent ni reconnaître, ni

comprendre un espace que l’on traverse et qu’on a pourtant bien connu il n’y a pas si longtemps. Le lien qui nous liait avec le territoire est soit rompu, soit inexistant. À l’heure où les villes se transforment en métropoles ou en mégapoles, mon objectif est de contribuer à reconstruire notre rapport au temps et à l’espace en proposant une autre lecture de la ville, par un travail sur la mémoire des lieux et leur devenir. En tant que peintre, je situe le dessin au cœur de ce travail. En tant que plasticienne, je lui donne la forme de l’expérimentation. Un espace que le corps comprend. La manière de découvrir la ville est aussi importante que celle de la construire. Aller à la rencontre d’une ville, c’est aller à la rencontre d’un espace, d’une géographie et d’une histoire, d’un paysage. Cette découverte peut prendre ses sources dans des traces écrites (plans, guides, cartes…). Elle peut également se faire dans le lieu même, in situ. Cette découverte-ci est d’ordre sensitive et à plus à voir avec le corps qu’avec la tête. On pourrait parler d’un « espace que le corps comprend », d’une carte qui ne se dessine, ne prend forme et consistance que dans son expérience de la ville, beaucoup plus que d’une carte mentale. Un manque de repères. En 1997, le retour dans ma ville d’origine, Brest, m’a laissée en manque de repères. Repères de temps et d’espace, je n’arrivais pas à m’y situer ni dans sa géographie, ni dans son histoire. Pendant la guerre 39-45, Brest a été gommé de la carte en quelques jours. Il reste, disséminés dans la ville, une multitude d’indices, de pistes, de traces. Je suis partie à la recherche de ces traces. Ce n’est pas le visage qu’elle montre aujourd’hui qui m’interroge, ni celui d’une ville détruite, pas plus que celui qui a disparue sous les bombes de la guerre. Les traces que je recherche sont bien antérieures à tout cela. Ce qui m’intéresse, c’est sa structure, son origine, son ossature. Esquisses. J’ai dessiné. Des bâtiments, des endroits qui me semblaient importants, des détails… Quand j’ai regardé ces dessins les uns à côtés des autres, il m’a semblé qu’il leur manquait un lien, un fil conducteur. Tous ces petits bouts de « rien » étaient liés, mais je n’arrivais pas à savoir comment. J’avais découvert quelques mois auparavant que la ville avait été fortifiée. Je l’ignorais. C’était si énorme et si absent que cela m’a beaucoup intriguée. J’ai retrouvé cette forme sur les cartes anciennes, mais ce qui m’a le plus étonné, c’est que cette forme était présente sur les cartes actuelles. Sur calque, colorée, cette forme des remparts était là, sous mes yeux et plus personne n’y prêtait attention. En tant que peintre, ce trait, ce dessin, devenu masse, m’est alors apparu comme la base d’une structure qui pouvait expliquer en grande partie l’évolution de la ville telle qu’elle apparait aujourd’hui. En 1680, une décision royale unifie pour la première fois les deux rives de la Penfeld en délimitant un cercle de remparts. Ce geste, simple esquisse sur papier devenu rempart, permet à la ville de devenir l’un des plus grands ports de l’atlantique. Ces remparts, complètement démantelés après guerre, ont structuré ce territoire et, si l’on prend le temps de bien regarder, cette forme est encore très présente, malgré les métamorphoses les plus profondes. Objectifs. Je me fixe alors plusieurs objectifs : affirmer un espace, retrouver une identité, parler de beauté, mettre de la couleur, parfaire une connaissance sensible de la ville. En 1998, je propose à la ville de redessiner cet espace en le matérialisant par une ligne de peinture bleue au sol, longue de 7 km, large de 0,50 m, sur les rives gauche et droite de la rivière de la Penfeld. Cette ligne suit les rues existantes, au plus près de la forme d’origine des remparts. Le but est alors de redessiner une forme fermée qu’un piéton puisse suivre. La ville accepte en mai 2000. La ligne est tracée en juin 2000 pour une durée de trois ans. Il en reste encore quelques traces aujourd’hui. Ce dessin est l’esquisse d’une forme pérenne que j’ai proposée à la ville par la suite. La population s’est largement approprié cette intervention, d’un plan de la ville connu « par corps » avant d’être connu « par cœur ». Le fait que cette expérience ait pu avoir lieu, qu’elle ait motivé des habitants à l’investir témoigne de la richesse et de la fécondité d’une approche plasticienne de l’espace urbain. Cela ouvre en particulier l’idée de nouveaux types de lisibilité, de parcours et donc de cartographies de la ville que n’en donnent ses seuls plans officiels. De la performance à l’expérience, le plasticien, qui esquisse la trame de cette expérimentation de cartographie sensible à laquelle les habitants donnent vie, propose alors une main tendue aux institutions publiques : souhaiteront-elles s’en saisir ?

« Si l’on veut que ceci soit une œuvre d’art, au sens classique d’œuvre, il faut se résoudre à considérer que l’art ne réside plus dans la recherche du beau. Pourtant, la Ligne Bleue est incontestablement de l’art, et détermine de la beauté. Son trait réordonne la ville et ce qui s’y produit, mouvements, parcours, trajets, rencontres… L’art, alors, sollicite le monde dans le sens de sa fiction… Et je pourrais encore commenter largement la sociabilité qu’une telle œuvre mobilise : les articulations fines qu’elle autorise de soi-même et des autres, qui fondent ici esthétiquement ce que l’on nomme un citoyen. »

(Bruno-Nassim Aboudrar, La Recherche du Beau, Éd. Pleins Feux, 2001.)

Maison Lindivat BrestTrès belle installation des marcheurs.Merci beaucoup !
26/09/2024

Maison Lindivat Brest
Très belle installation des marcheurs.
Merci beaucoup !

Brest, une mémoire longtemps refouléeJusque très t**d, la ville ne voulait pas se souvenir, ni de la guerre, ni de ce qu...
26/09/2024

Brest, une mémoire longtemps refoulée

Jusque très t**d, la ville ne voulait pas se souvenir, ni de la guerre, ni de ce qui a précédé.
Associant son passé à une douleur, issue d’une démolition violente certes, elle ne voulait regarder que le futur, niant en partie, ses ressources viscérales, son ADN.
La Ligne Bleue, installation artistique Brest.

J’avais toujours dessiné sur une feuille ou une toile, et là, c’est le corps tout entier qui trace le berceau historique...
24/09/2024

J’avais toujours dessiné sur une feuille ou une toile, et là, c’est le corps tout entier qui trace le berceau historique et géographique de la ville actuelle, sur 7 km, La Ligne Bleue, peinture au sol.
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24/09/2024

Après le piratage de mon compte Instagram,
Je remets les choses en place, quitte à me répéter 😉
Je commencerai par la présentation d’un travail fondateur, La Ligne Bleue à Brest, puis je parlerai de mon travail pictural 😇

02/09/2024

Recherche hébergement à Séville,
fin octobre et début novembre…
Si vous avez une piste …
Merci !

Chambre meublée à louer à BrestMaison située entre le téléphérique et l’arrêt de tram “les Capucins”, à deux pas du plat...
26/03/2024

Chambre meublée à louer à Brest

Maison située entre le téléphérique et l’arrêt de tram “les Capucins”, à deux pas du plateau des Capucins, mur d’escalade, cinéma, bar, commerces… Localisée entre le centre ville et les berges de la Penfeld. Maison atypique tout confort, do**he à l’italienne, poêle à bois. Cour parking au nord, grande terrasse sur jardin au sud. À visiter ;-)

06/07/2020

An 2000
La Ligne Bleue, réalisée à Brest en l'an 2000, est une œuvre de Gwenaëlle Magadur, peintre-plasticienne.
Il s'agit d'une ligne continue de peinture bleue au sol, longue de 7 km et large de 50 cm, entourant les rives droite et gauche de la Penfeld, suivant, au plus prêt, le tracé des remparts disparus de la ville.
L'objectif était de proposer aux visiteurs et aux habitants une autre façon de se réapproprier la géographie du site, l'espace de la ville et de sa mutation, ainsi que son histoire de grand port de construction navale.

En 2019
Sortie du livre : La ligne bleue, Brest palimpsestes
De Gwenaëlle Magadur et Jean-Manuel Warnet
aux Editions Dynamo.

Commander le livre :
https://www.editionsdynamo.fr/la-ligne-bleue

Le "Tracé des Remparts", baptisé, "La ligne Bleue" est une œuvre créée à Brest en juin 2000 par Gwenaëlle Magadur, peintre-plasticien.

25/06/2020
"La Ligne Bleue, Brest palimpsestes," un bel article de Jean-Luc Germain dans le Télégramme :
17/02/2020

"La Ligne Bleue, Brest palimpsestes," un bel article de Jean-Luc Germain dans le Télégramme :

La ligne bleue de Gwenaëlle Magadur qui, au début des années 2000, fit tant parler, bien au-delà de Brest, ressurgit dans un livre qui revisite les traces d’une expérience rassemblant l’art et la mémoire d’une ville enfouie.

Emission pétillante sur la Ligne ;-) Merci RCF !
04/02/2020

Emission pétillante sur la Ligne ;-) Merci RCF !

Dans ce magazine, Ronan Le Coz et ses invités vont s’intéresser à la ville disparue de Brest. Gwenaelle Magadur et Jean-Manuel Warnet viennent de publier un ouvrage « La ligne bleue, Brest palimpsestes ». Il reviennent sur le projet artistique de la ligne bleue de Gwenaelle Magadur il y a 20 ...

Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont rejoint ce soir à l'espace Culturel du Centre Leclerc.Un grand merci...
11/12/2019

Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont rejoint ce soir à l'espace Culturel du Centre Leclerc.
Un grand merci aussi à Côté Brest :

Gwenaëlle Magadur, qui avait tracé une ligne bleue à Brest en 2000 pour rappeler l'emplacement des anciennes fortifications, publie un livre sur le sujet avec Jean-Manuel Warnet.

Adresse

Brest
29200

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