09/06/2026
« 𝐀𝐜𝐡𝐞𝐭𝐞𝐳 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥 »… 𝐨𝐮𝐢, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐮𝐭-𝐢𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞.
Sur mes deux derniers marchés, une scène m’a particulièrement marquée.
Samedi, sur le marché artisanal de Saint-Genix, un couple d’environ 70 ans s’est arrêté devant mon stand.
Attirés par l’odeur du plat du jour, ils avaient envie de se faire plaisir.
Puis ils ont commencé à compter.
Deux plats représentaient un vrai budget pour eux. (24€)
Le monsieur a alors regardé sa femme et lui a dit :
“Ce n’est pas grave, on fera deux repas avec. Même si on n’a pas beaucoup de moyens, j’ai envie de manger de bonnes choses de temps en temps.”
Cette phrase m’a profondément touchée.
Le lendemain, sur le marché d’Aoste, une dame d’une soixantaine d’années m’a tenu un discours très similaire.
Et je me rends compte que ces situations sont de plus en plus fréquentes.
On entend souvent qu’il faut acheter local, soutenir les producteurs, privilégier l’artisanat.
Je partage évidemment cette vision.
Mais être sur le terrain, au contact des gens, rappelle aussi une réalité : derrière chaque achat, il y a parfois des calculs, des arbitrages et des contraintes que l’on ne voit pas.
Personne ne devrait avoir à choisir entre bien manger et préserver son budget.
En tant qu’artisane, je continuerai à faire ce que je sais faire : créer des produits sincères, savoureux et fabriqués avec de vrais ingrédients.
Non pas pour faire du luxe.
Mais pour offrir du goût, du plaisir et du respect à ceux qui me font confiance.
Car au-delà du prix, il y a quelque chose d’essentiel : la dignité.
Je ne suis pas assistante sociale.
Mon rôle est d’apporter de la valeur et de permettre à chacun de se faire plaisir sans avoir le sentiment de recevoir une faveur.
Je veux que chacun puisse s’offrir un bon repas ou un produit de qualité non pas par charité, mais parce qu’il en a fait le choix.
Parce que bien manger ne devrait jamais être réservé à quelques-uns.
💛
Maison SHLOUK�Créateur de goût