12/11/2024
𝗝’𝗮𝗶 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗶 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗰𝗶𝗲𝗿𝗶𝗲…
Aujourd’hui, je vous emmène dans un lieu spécial, tissé au cœur de mon enfance : la scierie familiale. Là où j'ai grandi, c'était un monde à part, niché entre un grand verger, un potager généreux, et une rivière bordée de vieux arbres majestueux ainsi que de jeunes pousses que nous avions replantées. Et un Saule, qui donnera naissance au nom de mon entreprise d’architecture.
Quand j'étais petite, c’était le royaume des grumes, surtout celles de chêne, qui me ramènent toujours à ces jours insouciants de mon enfance. Grandir au milieu de cette entreprise familiale était fabuleux même si ce n’était pas simple pour tout le monde. Mon père a consacré sa vie à faire “tourner” cette entreprise. Pour moi, la scierie était plus qu’un lieu de travail, c’était mon jardin d’aventures, où je passais tout mon temps, auprès de mes grands-parents.
Mon père, un exemple de ténacité, ne lâchait jamais rien et s’est toujours investi corps et âme. 𝗝'𝗮𝗶 𝗲́𝘁𝗲́ 𝗶𝗺𝗺𝗲𝗿𝗴𝗲́𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹'𝘂𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗱𝘂 𝗯𝗼𝗶𝘀, 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶̂𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗼𝗱𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗲𝘅𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀... Ce lieu était animé par les ouvriers, mais aussi par les clients occasionnels et ma tante qui travaillait au secrétariat avec sa chienne Félicie. Les bureaux, situés au bord de la rivière, étaient l'unique espace fermé et chauffé où nous nous retrouvions souvent, accueillis chaleureusement par cette même tante. C’était vivant !
J'ai grandi entourée par une famille travailleuse et unie, dans un contexte économique difficile où mon père peinait à joindre les deux bouts. La scierie a finalement fermé ses portes, emportée par la crise de 1999 à l’époque de mes premières études d'architecture en 2006, soit presque 100 ans d'existence. Mon arrière-grand-père l’avait laissée en mauvais état, et malgré tous les efforts, mon père n’a pas pu la sauver. Il s’est reconverti dans les énergies renouvelables.
𝗖𝗲𝘀 𝗿𝗮𝗰𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹'𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗶𝗮𝘁, 𝗶𝗺𝗯𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲́𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝗵𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗶𝗮𝗹 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗿𝗰̧𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗱'𝗮𝗿𝘁𝗶𝘀𝗮𝗻𝘀, 𝗼𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗰̧𝗼𝗻𝗻𝗲́ 𝗾𝘂𝗶 𝗷𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱’𝗵𝘂𝗶. Mes ancêtres étaient des bâtisseurs, des créateurs de matière, avec des savoirs-faire et des liens humains, et c’est cet héritage qui inspire chaque projet sur lequel je travaille, cherchant à créer des espaces qui servent les gens, qui servent leurs lieux de vie.
𝐷𝑎𝑛𝑠 𝑚𝑜𝑛 𝑚𝑒́𝑡𝑖𝑒𝑟, 𝑗’𝑎𝑖𝑚𝑒 𝑡𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒𝑠 𝑜𝑢̀ 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑓𝑢𝑡𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑔𝑒́𝑛𝑒́𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑒𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑖𝑟 𝑒𝑛𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒, 𝑖𝑛𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒́𝑒 𝑝𝑎𝑟 𝑢𝑛 ℎ𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑓𝑎𝑚𝑖𝑙𝑖𝑎𝑙.
Amélie Quénot
Agence d’architecture et de maîtrise d’œuvre
l'Archipel 40 quai du Havre 76000 ROUEN