22/10/2021
FESPACO - CINEMA - ARCHITECTURE - FILM D' ANIMATION NUMÉRIQUE
A l’occasion du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) nous vous proposons une approche comparée entre architecture 1er art et le cinéma 7ème art
Rendre sensible et poétique l’univers qui nous entoure constitue les desseins communs à l’architecture et au cinéma. Le cinéma est un art de l’émotion tandis que l’architecture crée des lieux d’émotion. Les deux disciplines travaillent l’espace, le mouvement (tous deux font usage des mouvements séquentiels à travers l’espace) et le temps (le cinéma et l’architecture sont des arts exprimant des réalités en trois dimensions auxquelles se rajoute une quatrième : le temps).
A. LA NOTION DE SPATIALITE
Eric Rohmer énonce trois catégories d’espaces spécifiques auxquelles le réalisateur d’un film doit faire face :
-le cadre de l’image qu’il appelle « espace pictural »
-le lieu de tournage qu’il nomme « espace architectural »
- et le produit du montage qu’il définit comme « espace filmique »
L’architecture et l’architecte s’inscrivent principalement dans la deuxième catégorie. En servant de support au décor du film, l’architecture ne se résume pas à un ensemble de constructions, elle représente l’espace produit par le film, c’est en quelque sorte le lieu auquel le montage audiovisuel donne naissance. Le cinéma tend, en effet, à faire de l’architecture un lieu particulier, le lieu du sens grâce à son pouvoir de transformer les lieux en espaces et les espaces en lieu.
B. LA NOTION DE TEMPORALITÉ
Architecture et cinéma sont des arts qui expriment une réalité en trois dimensions (les trois dimensions de l’espace vécu réel pour la première et les trois dimensions de l’espace filmique pour la seconde) auxquelles s’ajoute une quatrième : le temps. Ce qui fait dire alors à Sergueï Eisenstein que « le montage est la quatrième dimension du film ».
Aussi, en évoquant le rapport entre architecture et cinéma, l’architecte Rem Koolhass affirme que « les deux formes artistiques se ressemblent. Dans les deux cas, il s’agit d’enfiler des fragments pour aboutir à un résultat cohérent qui raconte une histoire ou crée un suspens. Dans les deux cas c’est au montage que se passe l’essentiel. »
La pratique cinématographique pourrait alors nous aider à repérer la dimension temps de l’espace architectural et ce en présentant des plans, des scènes et des séquences de la vie quotidienne.
C. LA NOTION DE MOUVEMENT
Architecture et cinéma font usage de mouvements séquentiels à travers l’espace. Ils créent et modèlent les images de la vie.
En effet le cinéma est aussi mouvement puisqu’il s’inscrit, comme l’affirme le professeur Victor Bachy, dans la durée et se développe dans le temps par la représentation mouvante de la vie et par son recours aux éléments sonores fondus avec l’image.
On pourrait penser aussi à l’architecte Jean Nouvel qui grâce à sa vision dynamique de l’architecture, a trouvé l’équivalent de son regard dans celui des cinéastes : « panoramiques, zooms, cadrages, champs et contre-champs, plongées et contre-plongées s’inscriront dans ces édifices comme des éléments architectu¬raux dans une connivence explicite avec le regard moderne »
Extrait du Mémoire d’architecture de D. Maxime TIENDREBEOGO : Redynamisation du secteur du cinéma et des arts vivants à Ouagadougou : « Une cité du Cinéma et des arts vivants Ouagadougou. »
Nous illustrons la similitude et la complémentarité des deux arts avec la visite virtuelle de notre projet de construction du siège de L’ISTIC.
Le FESPACO pourrait intégrer, pour les éditions futures les films d’animation numérique pour mettre en valeur les outils numériques de production cinématographique.
Maître d'œuvre : CREA Associates & CHB Architecture