05/02/2026
Fonctionnaire à l'intérieur du pays, célibataire quinquagénaire, j'ai accepté la demande en mariage d'un homme fauché , au chômage et sans le moindre sous.
Célibataire endurcie, stigmatisée au yeux de ma communauté, pour mettre fin aux railleries, moqueries , tu tries, j'ai accepté de me marier avec un chômeur, un homme sans le sou.
Je ne voulais plus rester seule avec mes moyens, quitte à supporter entièrement les charges qui incombent intégralement au mari dans notre contexte socioculturel.
J' avais déjà construit ma maisonnette et par conséquent, après la célébration du mariage, mon époux avait déménagé chez moi.
J'ai pris la précaution de ne jamais me plaindre assurant l'eau, l'électricité, la popote et toues les charges connexes.
Nous avons eu deux enfants et même l'organisation financière des baptêmes était à ma charge: je ne me suis jamais plainte auprès de ses parents malgré le prolongement du chômage !
J'ai décidé après la naissance de notre premier enfant, de lui verser chaque fin de mois, de l'argent de poche pour le rendre moins dépendant de moi.
J'ai continué à prendre soin de tous ses besoins : parfum, savon, crédit de téléphone etc
Un jour, je reçois nuitamment et par surprise ,deux amis et un frère à lui dans notre salon alors que lui, préféra ne pas participer à la discussion et rester discrètement dans les environs de la maison.
Après des longs salamalecs protocolaires et des indirects à l'africain, la délégation me remercia pour tout ce que j'ai pu faire pour leur frère et ami en m'implorant à encore plus de tolérance compte tenu de son statut de chômeur et à davantage de patience.
Perplexe, ne comprenant pas l'objet de toutes ces contorsions, je leur demande d'en venir directement aux faits.
C'est là qu'on m' explique que mon mari vient de doter une fiille et s'apprête à convoler en justes noces le lendemain.
N'en croyant pas mes oreilles, je rétorque que c'est juste impossible puisqu'à ma connaissance il est au chômage depuis des années, qu'il n'a jamais fourni le moindre effort pour trouver du travail et par conséquent il ne dispose d'aucune ressource financière pour doter une fille et assumer des charges familiales.
Timidement et avec une toute petite voix, mon beau frère m' informe que son frère n'a jamais eu besoin de l'argent de poche que je lui versais ( puisque je lui achetais tout) et qu'il avait économisé dans une boîte, qu'il cachait dans un trou de la concession, la rondelette somme de quatre millions.
C'est dans ledit montant que la dot fut soustraite ainsi qu'une avance de trois mois de loyer pour loger la future jeune mariée.
J'ai encaissé le coup, je n'ai manifesté aucune animosité ou réflexion blessante, j'ai félicité mes visiteurs , formulé mes vœux de bonheur à l'endroit des futurs époux.
J'ai patiemment attendu la fin des festivités pour conduire nos deux enfants au domicile de la jeune mariée et ce en présence du jeune marié : je lui ai signifié que désormais les enfants vivront avec eux et seront entièrement à leurs charges : frais de scolarité, habillement, bouffe, santé etc.
Par la même occasion, j'ai notifié à mon mari la fin de notre mariage et je suis rentrée sereinement chez moi affronter la solitude et panser mes blessures
Cette Chroniques Juridiques est un témoignage recueilli à notre rencontre avec les femmes leaders et les leaders religieux et coutumiers de la Région de Dosso dans la salle de réunion du Gouvernorat.
Mon avis : Les hommes sont ingrats
Source :
Chroniques Juridiques