20/07/2021
Les histoires de Kaki : Aïcha le sacrifice imparfait. Première partie.
Je m’appelle Dogbo Aïcha.
Issue d’une famille très pauvre, j’allais à l’école à pieds à 4 kilomètres de chez moi. Pour mon père il fallait coûte que coûte que ses filles réussissent afin qu’il essuie les frustrations et les moqueries dont il était victime. Tout ça parce qu’il a eu trois filles et aucun garçon. Nous avions le devoir et l’obligation d’assurer la pérennité de la famille.
Arrivée au lycée papa nous avait loué un studio mes grandes sœurs et moi. Il était difficile pour moi de m’y habituer car j’avais l’habitude me coucher sur les pieds de maman ou de papa pour discuter le soir avant d’aller me coucher. Contrairement à mon ainée Euphrasie, Mouna la deuxième n’avait pas trop d’amie. On voyait défiler tous les jours les copines de notre ainée, les unes plus fainéantes que les autres. Elles venaient parfois dormir avec nous ou passer quelques jours et ne nous aidaient pas dans les tâches quotidiennes. Elles salissaient toute la vaisselle, faisaient la fête, dormaient et repartaient tôt le matin. On n’avait pas notre mot à dire.
Au bout d’un an et demi papa et maman ne venaient plus nous rendre visite fréquemment. Ils se faisaient vieux. Ils trouvaient le trajet de Lakota à Abidjan trop loin désormais. Et comme leur première fille était maintenant étudiante, ils lui faisaient confiance afin qu’elle veille sur nous. Euphrasie, n’étudiait plus vraiment et nous cachait pratiquement tout.On ne savait plus à quel moment elle sortait, où est-ce qu’elle allait encore moins avec qui et quand elle revenait. Souvent elle revenait ivre. Je lui donnais son bain avant de la mettre au lit. Cela ne me dérangeait pas du tout car c’était ma grande sœur et je l’aimais très fort. Au bout de deux mois elle nous fit aménager chez sa copine... à suivre