Mohamed M. Njankouo

Mohamed M. Njankouo Produire des analyses sur des thématiques socioculturelles et politiques choisies de façon aléatoire.

Ce jour s’est tenue l’Assemblée Générale Ordinaire du Laboratoire de Recherche Fondamentale et Appliquée (LaRFA), cadre ...
23/05/2026

Ce jour s’est tenue l’Assemblée Générale Ordinaire du Laboratoire de Recherche Fondamentale et Appliquée (LaRFA), cadre scientifique de réflexion, de production intellectuelle et d’engagement communautaire.

À cette occasion, en ma qualité de Secrétaire Général, j’ai présenté le bilan annuel des activités menées au cours de la période allant de mars 2025 à mai 2026. Ce rapport a permis de revisiter les différentes actions scientifiques, académiques et sociales conduites par le laboratoire durant cette année de travail.
Les échanges ont mis en évidence plusieurs acquis significatifs, notamment l’organisation des séminaires scientifiques, les activités de formation à la recherche, ainsi que les collaborations institutionnelles développées par le laboratoire. Ces avancées traduisent la volonté constante de LaRFA de promouvoir une recherche rigoureuse, socialement utile et tournée vers les réalités contemporaines.

L’Assemblée a également procédé à une analyse des difficultés rencontrées dans une dynamique d’autocritique constructive et de consolidation institutionnelle. De ces réflexions ont émergé plusieurs perspectives visant à renforcer les acquis actuels, à élargir les champs d’intervention du laboratoire et à conquérir de nouvelles opportunités scientifiques, communautaires et sociales.

Par ailleurs, au cours de cette année écoulée, LaRFA a noué des partenariats stratégiques avec la Communauté Urbaine de Douala (CUD), notamment à travers les enquêtes de terrain et les descentes de sensibilisation des populations riveraines des quartiers Denvers-Bonamoussadi, Akwa-Nord et Deïdo, dans le cadre du projet de construction du corridor Rond-point Maeture – Rond-point Deïdo sur les berges du fleuve Wouri.
En juin 2026, notre laboratoire a également pris part aux activités de “Douala Smart City Mobility”, témoignant ainsi de son engagement dans les dynamiques urbaines contemporaines et les enjeux de développement territorial.

Au mois de février dernier, LaRFA a également établi un partenariat avec le groupe Dermo-Conseil, collaboration ayant permis notre intervention lors d’une conférence interdisciplinaire.

À travers l’intervention de son représentant, le Dr Nantcha, Coordonnateur du laboratoire, il a apporté une expertise sociologique sur la problématique de la dépigmentation, en mettant en lumière les dimensions identitaires, culturelles, psychologiques et sociales liées aux pratiques de dépigmentation.

L’Assemblée Générale a aussi été l’occasion de rappeler quelques missions fondamentales du laboratoire :
• Promouvoir la recherche fondamentale et appliquée dans les sciences sociales et disciplines connexes ;
• Encourager la production scientifique et l’encadrement des jeunes chercheurs ;
• Contribuer à l’analyse des faits sociaux contemporains à travers une approche scientifique et critique ; • Développer des partenariats académiques, institutionnels et communautaires ;
• Mettre la recherche au service du développement social, culturel et humain.

En tant que Secrétaire Général, je réaffirme l’engagement du Laboratoire de Recherche Fondamentale et Appliquée à faire de la science un instrument de compréhension, de transformation sociale et de valorisation des savoirs au service de la communauté.

Mohamed NJANKOUO
Secrétaire Général – LaRFA

25/04/2026

Elle rappelle que notre unité ne peut être seulement proclamée ; elle doit être socialement construite, économiquement soutenue et politiquement incarnée

25/04/2026

La xénophobie n’enterre pas le rêve panafricain, mais elle agit comme un miroir brutal de ses insuffisances.

Mon billet de ce vendredi 12 décembre 2025  LA CULTURE BAMOUN COMME PROCESSUS DYNAMIQUE : POUR UNE RELECTURE CRITIQUE DE...
12/12/2025

Mon billet de ce vendredi 12 décembre 2025



LA CULTURE BAMOUN COMME PROCESSUS DYNAMIQUE : POUR UNE RELECTURE CRITIQUE DE L'HÉRITAGE ET DE LA TRANSMISSION.

Aujourd’hui, nous avons tendance à enfermer la culture dans un moule figé et statique, comme si elle devait demeurer identique à elle-même pour être considérée comme “authentique”. Pourtant, nos ancêtres n’étaient ni conservateurs fermés, ni prisonniers de leurs premières vérités. Ils étaient des femmes et des hommes ouverts, curieux, inventifs, capables de construire, de déconstruire, mais surtout de se reconstruire dès que les circonstances l’exigeaient.

Je suis toujours surpris lorsque j’entends certains affirmer que nous devons, ipso facto, marcher exactement comme marchaient les ancêtres. “Marcher”, ici, signifiant reproduire mécaniquement leurs gestes, leurs savoirs, leurs traditions, sans jamais les interroger. Or, cette lecture est non seulement simplificatrice, mais aussi contraire à l’esprit même de nos ancêtres.

Regardons simplement l’exemple du Roi Lumière Njoya. Sa tenue vestimentaire empruntait à l’anglais, à l’allemand, au français — ce qui n’était pas un reniement, mais une source de richesse et d’innovation. De même, lors du contact avec les Peulhs, une véritable révolution vestimentaire s’est opérée : gandoura, grand foulard, parapluie… autant d’éléments qui n’existaient pas dans la culture bamoun préislamique. Pourtant, personne ne remet en cause aujourd’hui ces pratiques intégrées, normalisées et valorisées.

Nous reproduisons d’ailleurs ce même dynamisme sans toujours en avoir conscience. Lors de nos cérémonies, nous organisons des matchs de football, sport devenu l’un de nos marqueurs identitaires contemporains. Pourtant, le football est une importation occidentale, sans aucune racine dans l’histoire précoloniale africaine. Nous l’avons adopté sans réserve, et c’est très bien ainsi : c’est cela, l’essence même de la culture vivante.

Mais lorsque vient le moment de repenser notre mode de gouvernance, notre système politique ou nos institutions, certains se réfugient soudain derrière un discours : “Ce n’est pas africain”, “c’est importé”, notamment à propos de la démocratie. Ironiquement, ceux qui brandissent cet argument le font souvent pour préserver des systèmes autoritaires, et non pour défendre une culture authentiquement dynamique. Leur conception de la tradition est un piège, consciemment ou inconsciemment entretenu, au service du statu quo.

Oublie-t-on que le palais du Roi Njoya — dont on chante le génie — est en grande partie inspiré de l’architecture allemande ? Ce n’est pas un scandale : c’est au contraire la preuve que nos ancêtres étaient réceptifs, adaptatifs, stratégiques, capables d'intégrer l’apport extérieur pour renforcer leur propre système. L’invention de l’écriture shümom procède du même mouvement : une création profondément bamoun, mais nourrie d’une observation du fonctionnement de l'archivage occidental (documents écrits contrairement à notre oral).

Le vrai problème aujourd’hui n’est donc pas la transmission de la tradition. C’est notre tendance à transformer cette transmission en une idée absolutisée, sacralisée, devenue un dogme immobile — alors même que nos pratiques quotidiennes trahissent constamment cette prétendue fidélité aux ancêtres.

Nous utilisons la culture comme un vestige, un souvenir folklorisé, plutôt que comme un levier de transformation capable de répondre aux enjeux contemporains : gouvernance, justice sociale, innovation, cohésion, créativité.

Notre malheur réside dans notre difficulté — parfois volontaire — à comprendre que la culture n’est pas un sanctuaire inviolable : elle est un processus historique, une construction collective, un dialogue permanent entre passé, présent et futur.

En réalité, si l’on se fie à notre propre histoire, notre véritable identité bamoun repose sur notre capacité à nous redéfinir, à absorber le savoir de l’autre sans nous perdre, à transformer l’héritage sans le renier. La transmission est essentielle, certes, mais elle n’est ni absolue, ni intangible, ni éternelle. Elle évolue, elle fluctue, elle se module en fonction des défis du moment.

Ainsi, comprendre que la culture bamoun — comme toute culture humaine — est un organisme vivant, dynamique, adaptatif, n’est pas une trahison du passé. C’est au contraire honorer ce passé, puisqu’il nous enseigne que nos ancêtres furent des innovateurs, et non des conservateurs rigides.

Admettre cette dynamique culturelle est la condition même pour bâtir une société réellement solide, équitable et tournée vers l’avenir.

Mohamed M. NJANKOUO

20/11/2025

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05/10/2025

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Par Pr. Edmond MBALLA ELANGA VII.Être séparé pour exister : le culte du VIP dans la société camerounaise, le paradoxe du...
19/08/2025

Par Pr. Edmond MBALLA ELANGA VII.

Être séparé pour exister : le culte du VIP dans la société camerounaise, le paradoxe du vivre ensemble !

Au Cameroun, le sigle VIP n’est plus une simple abréviation : c’est une philosophie, une théologie existentielle même, qui structure la vie quotidienne. Dans une agence de voyage, au restaurant, au snack-bar, à l’église, au mariage ou même aux funérailles, la logique de la séparation est devenue la norme. On n’achète pas seulement un service, on achète surtout le droit de se distinguer, de se séparer du commun des mortels, de proclamer : "Moi je ne suis pas comme vous, je suis de l’autre côté du cordon.” Ou encore : "chéri, je t'attends au salon VIP du snack-bar...de Bonamoussadi "

Pierre Bourdieu l’aurait dit autrement : "le VIP au Cameroun est une forme de capital symbolique qui permet aux individus de se positionner socialement". Dans un univers marqué par de fortes inégalités économiques et politiques, la distinction ne passe pas forcément par la qualité objective du service (souvent médiocre, même en zone VIP), mais par le simple fait d’être “à part”. Comme l’explique Bourdieu dans La Distinction (1979), les pratiques de consommation deviennent des stratégies de classement : ici, le “VIP Lounge” du snack-bar fait office de hiérarchie sociale miniature. On aura plus de chance avec "une petite..." si les choses commencent dans une salle VIP.

Mais la satire se révèle quand on observe la matérialité de ces espaces dits privilégiés. Souvent, la salle “VIP” n’est qu’un réduit mal ventilé avec un canapé déchiré, une télévision mal réglée, ou un ventilateur brinquebalant. Pourtant, le prix y est plus élevé, et l’air y est censé être plus noble. En vérité, l’espace VIP n’offre pas toujours un meilleur service : il offre une fiction de supériorité, un récit social où l’individu peut, le temps d’un repas ou d’un trajet, s’imaginer dans la peau d’un notable.

C’est ici que la logique de distinction prend des allures de comédie. Car dans ce théâtre social, chacun veut être VIP quelque part : le fonctionnaire dans le bus de voyage, le petit commerçant au snack-bar, le cadre supérieur à l’église, le ministre dans l’État. Chacun a besoin d’un “autre” en dessous de lui pour se sentir “au-dessus”. Ainsi, le VIP est moins une réalité qu’un signe performatif de domination, où la séparation est plus importante que le contenu.

Dans les agences de voyage, les VUP ( Very Unimportant Person, excusez le néologisme) regardent souvent les VIP d'un air administratif et parfois interrogateur....Ils se posent souvent la question de savoir comment peut-on payer le double, voire le triple pour faire exactement le même nombre de temps entre Yaoundé et Douala (par exemple) et tomber dans les mêmes bouchons. Erving Goffman, dans La Mise en scène de la vie quotidienne (1956), insiste sur le rôle du rituel et du théâtre social dans les interactions humaines. Le VIP au Cameroun est une scène symbolique où les individus jouent un rôle : celui du “distingué”, du “privilégié”, du “séparé”.

En poussant la critique, on peut dire que cette obsession du VIP traduit une culture de la hiérarchie internalisée, héritée du système politique et social camerounais. Le pouvoir d’État lui-même fonctionne sur cette logique de l’accès différencié : certains citoyens sont “proches du chef” (et donc VIP dans la République), d’autres restent “dans la masse anonyme”. Le snack-bar et l’agence de voyage ne font que reproduire à petite échelle cette pédagogie de l’inégalité.

En somme, la prolifération des espaces VIP au Cameroun n’est pas un simple phénomène de consommation. C’est un révélateur : le signe que la société a normalisé la séparation comme manière de vivre ensemble… ou plutôt, de ne pas vivre ensemble. Comme dirait Bourdieu, ce n’est pas tant le contenu du service qui compte, mais la capacité à se situer dans un espace réservé, à accumuler du capital symbolique par la mise en scène de la rareté.

Entre le mauvais et le pire, choisissons le mauvais.Quelle attitude doit-on avoir ou manifester face aux 12 candidats re...
11/08/2025

Entre le mauvais et le pire, choisissons le mauvais.

Quelle attitude doit-on avoir ou manifester face aux 12 candidats retenus pour la présidentielle d'octobre prochain ?

Qui doit-on élire et pourquoi pas l'autre ? Que propose tel candidat dans son programme politique, son projet de société ? Le projet de société élaboré et proposé est-il faisable ou est-ce une utopie à dessein électoral ?

Quand je lis chacun d'entre nous, je constate que nous avons du potentiel pour pouvoir débattre rationnellement et sagement à partir des points relevés supra.

En ce moment crucial, nous devons nous outiller, nous préparer, nous reconstruire et consolider nos visions, nos perceptions politiques et de choix via des échanges intelligents, ordonnés, lucides susceptibles d'être promoteurs ou salvateurs pour notre chère Nation.

L'élection se tiendra, l'élection aura lieu... Que nous nous insultions à longueur des journées, que nous nous préoccupions des candidats recalés en lieu et place des candidats en lice, c'est une erreur de notre part. L'heure est de construire un discours, riche, conciliant qui va permettre de converger le vote du 12 octobre prochain au profit du candidat qui répond et incarne le leadership que nous voulons. Même s'il est mauvais, nous devons retenir cette déclaration d'un grand penseur : ''Entre le pire et le mauvais, choisissons le mauvais'' puisque s'abstenir ne résorbera pas le problème, au contraire, il le perpétuera encore dans l'hécatombe la plus abjecte.

Mohamed NJANKOUO

10/08/2025

Quatre péchés capitaux politiques au CMR:
Le communautarisme/le tribalisme, le narcissisme/égocentrisme, l'illusionnisme et le messianisme.

𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐨𝐲𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐅𝐨𝐮𝐦𝐛𝐚𝐧Ce samedi 19 juillet 2025, 𝐒𝐀 𝐌𝐀𝐉𝐄𝐒𝐓𝐄́ 𝐄𝐋 𝐇𝐀𝐃𝐉 𝐈𝐁𝐑𝐀𝐇𝐈𝐌 𝐆𝐀𝐇 𝐈𝐈, 𝐑𝐨𝐢 𝐓𝐢𝐤𝐚𝐫 𝐝𝐞 𝐊𝐈𝐌𝐈 (𝐁𝐚𝐧𝐤𝐢𝐦), a ...
19/07/2025

𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐨𝐲𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐅𝐨𝐮𝐦𝐛𝐚𝐧

Ce samedi 19 juillet 2025, 𝐒𝐀 𝐌𝐀𝐉𝐄𝐒𝐓𝐄́ 𝐄𝐋 𝐇𝐀𝐃𝐉 𝐈𝐁𝐑𝐀𝐇𝐈𝐌 𝐆𝐀𝐇 𝐈𝐈, 𝐑𝐨𝐢 𝐓𝐢𝐤𝐚𝐫 𝐝𝐞 𝐊𝐈𝐌𝐈 (𝐁𝐚𝐧𝐤𝐢𝐦), a été chaleureusement reçu au 𝐏𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐑𝐨𝐢𝐬 𝐁𝐚𝐦𝐨𝐮𝐧 par le 𝐒𝐮𝐥𝐭𝐚𝐧 𝐄𝐥 𝐇𝐚𝐝𝐣 𝐌𝐨𝐮𝐡𝐚𝐦𝐦𝐚𝐝-𝐍𝐚𝐛𝐢𝐥 𝐌𝐅𝐎𝐑𝐈𝐅𝐎𝐔𝐌 𝐌𝐁𝐎𝐌𝐁𝐎 𝐍𝐉𝐎𝐘𝐀, 𝐑𝐨𝐢 𝐝𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐦𝐨𝐮𝐧.

Un moment fort, placé sous le signe de la mémoire, du respect et de l’unité des héritages royaux, en hommage au regretté 𝐒𝐮𝐥𝐭𝐚𝐧 𝐌𝐁𝐎𝐌𝐁𝐎 𝐍𝐉𝐎𝐘𝐀 𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦.

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