10/05/2023
Aujourd'hui, je regarde sur internet des images d'inspirations; je me promène ici et là au travers des pages qui filent sous les clics de ma souris accompagnée des musiques ♪ d'Alain Souchon ♪♫.
Et je tombe sur une image : celle du Louvre, celle de la pyramide du Louvre dessinée par Leoh Ming Pei en 1993.
Et je me demande : comment a-t-il été possible de réaliser une telle construction ? Serait-ce encore possible aujourd'hui ?
A l'époque, j'imagine les détracteurs qui devaient accuser de dénaturer Paris et son patrimoine si caractéristique. Aujourd'hui la pyramide fait partie de ce patrimoine : qui voudrait la voir disparaitre de notre paysage ?
Elle est parmi les emblèmes d'une époque où on s'autorisait un tas de choses.
L'architecture n'est-elle pas vouée à cela justement ? Expérimenter, tester, essayer, et même rater ? A l'image de l'être humain.
L'architecte n'est-il pas le dépositaire de ces projets, de ces envies, de ces folies ? A-t-on encore le pouvoir de construire des Pyramides du Louvre sur notre territoire ?
Malheureusement, force est de constater que les libertés de conception s'amenuisent de jour en jour; et pour quel profit ? Pour le lissage de nos constructions. Celui des enduits ton pierre, des reculs de 3m et des pentes de toit à 30%.
Le paysage urbain s'harmonise...et je vous renvoie à l'article de "la france moche" de Télérama. Cette harmonisation est-elle ce que l'on souhaite pour notre quotidien ? Quand on jette un coup d'oeil dans le rétroviseur, on s'aperçoit que les plus grands monuments architecturaux, les lieux les plus agréables, les espaces qualitatifs, qui ne laissent pas indifférent, n'ont pas systématiquement cherché à se fondre dans le paysage; ils ont cherché à répondre à un besoin. Ils ont cherché à répondre à un contexte, à une population..
Que voulons-nous pour demain ?
Les Plans locaux d'urbanisme, devraient être au service de la population. Quel est leur but premier ? Nous protéger nous et notre cadre de vie. Il est peu de dire aujourd'hui qu'ils ont l'odeur de bon nombre de lobbys. Certains services instructeur ne parviennent même plus à interpréter leur propre texte : on arrive parfois à marcher sur la tête !
A quoi sert la loi ? Ne devrait-elle pas servir l'Homme ?
Et on revient au débat philosophique de "la lettre et l'esprit de la loi".
En tant qu'architecte, ne devrions-nous pas militer pour permettre de laisser libre cours à la conception ? S'affranchir des limitations toujours plus difficiles à respecter et se réapproprier le crayon ?
Les normes, les règles, les lois trouveront un jour une limite, pas celle de l'esprit humain.
Le talent de ce métier, c'est de réussir à répondre à une demande contrainte par autant d'exigences.
Mais rappelez-vous d'une chose : issus des beaux arts, les architectes français dont je fais partie avec fierté continueront de célébrer la création, au risque d'en déplaire aux carcans qu'on veut nous imposer !
Anaïs Nganda Architecte