07/07/2021
Bonjour à tous.
De nombreuses personnes n'ayant pas pu participer à la journée Oxygène R/Copalme du 1er juillet dernier, nous ont demandé de faire un petit compte rendu de l'intervention sur les « coronet cuts » ou coupes en couronne (pour leur ressemblance avec une couronne royale).
Voici, en quelque lignes, un aperçu succinct de l’intervention de David Restrepo, car il est difficile d’en faire un résumé exhaustif compte tenu de la densité de son exposé.
L'arboriculture environnementale - qualifiée ainsi par Neville Fay (arboriste expert anglais) - est caractérisée par une gestion du patrimoine arboré influencée par de forts principes écologiques. Cette approche s'oriente principalement vers la prise en compte du bois mort, car en le préservant et le maximisant, on favorise la présence d'habitats saproxyliques (ou dendro-microhabitat) dans l’arbre.
Par sa concentration importante de micro-organismes, le bois mort est une des 7 formes de micro-dendrohabitat (Cf. Laurent Larrieu; docteur en écologie forestière INRAE de Toulouse).
Pour ceux déjà impliqués dans le suivi des vieux arbres, vous y retrouverez des points déjà développés par Ted Green –
La pratique des coupes en couronne prend toute sa place dans ce concept d'arboriculture environnementale.
Elle consiste à copier la nature en simulant les ruptures naturelles qui peuvent être infligée aux arbres, lors des aléas climatiques par exemple. David précise qu'au cours de millions d'années d'évolution les arbres se sont adaptés à ce type "d'agressions" et ont mis en place des solutions naturelles de protection.
Il suggère qu’elle soit ajoutées aux règles de bonne pratique de suppression de branche (comme le respect des angles de coupe) et qu'elle devrait trouver une place dans les modes opératoires d'élagage si on admet le principe que :
les branches - de plus de 5 cm de diamètre sur les arbres à faible compartimentation et de plus de 10 cm pour ceux à forte compartimentation – doivent être réduites partiellement plutôt que supprimées complètement (Dujesiefken et Stobbe, 2002) .
La coupe en couronne peut être adaptée, par exemple : lorsque des axes de gros diamètre, dépérissants ou défectueux, doivent être supprimés ou réduits fortement pour des raisons de sécurité. En restant à distance de l'axe porteur (axe parent) on limite ainsi la dégradation de la zone d'insertion de la branche tout en préservant l'intégrité de l'axe parent. Laisser un chicot avec une coupe en couronne peut contribuer à booster la biodiversité, sans causer de traumatisme supplémentaire à l'arbre.
David précise qu’à l’heure actuelle et compte tenu du manque de retour scientifique sur ce sujet, il est délicat de tirer des conclusions hâtives et d'en définir des règles professionnelles précises. Néanmoins, et pour analyser précisément le comportement de l’arbre à cette pratique, un protocole d'étude a été mis en place au sein du parc floral de Vincennes par la ville de Paris, Christophe Drenou et l'INRAE de Toulouse.
Comme annoncé par notre partenaire R "easy climbing" nous envisageons d'organiser une nouvelle journée sur ce thème au cours du second semestre 2021, si la situation sanitaire le permet, alors si le sujet vous intéresse n’hésitez pas à vous inscrire lorsque la date sera définie !