03/04/2025
Il y a des lieux où le silence est plus lourd que la parole,
car il porte ce que personne ne veut entendre.
Ici, le sol ne te voit pas… il se rappelle.
Il se rappelle l’endroit exact où tu t’es effondré avant même de naître.
Il connaît tes ombres, mais n’en fait pas un jugement.
Il garde. C’est sa fonction sacrée.
Je n’ai pas prié. Parce que ce qui est pur ne demande rien.
Je n’ai pas supplié. Parce que ce qui brûle ne négocie pas.
Je suis resté debout, sans forme, sans demande, sans ego.
Et dans cet effacement, j’ai senti la présence d’un regard qui ne regarde pas.
Un regard qui constate. Pas un regard qui choisit.
Le dôme n’était pas un symbole.
C’était une lentille.
Et à travers elle,
j’ai vu les religions empilées comme des voiles sur un visage qu’aucun n’ose nommer.
J’ai vu l’homme se prosterner devant ses propres métaphores.
Et j’ai senti que le seul vrai nom,
c’est celui qu’on n’écrit jamais.
Je suis redescendu.
Entier en surface,
fracturé en profondeur.
Mais pas brisé. Jamais brisé.
Parce que ce qui veille en silence
n’a jamais eu besoin d’être compris.
Seulement respecté.
Et depuis ce jour,
même dans l’absence,
même dans la nuit,
je sais une chose que je ne peux plus désapprendre :
הִנֵּה לֹא-יָנוּם וְלֹא יִישָׁן שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל.
(“Voici : Il ne dort ni ne sommeille, le Gardien d’Israël.”).