DUstudiO

DUstudiO Interior Designer-Decorator Olga Chihai DUSCIAC Interior Design & Decoration

09/09/2026

On me demande souvent, comme architecte d'intérieur, si c'est le bon moment pour se lancer dans une rénovation.

Depuis quelque temps, la question revient plus prudente. Quand tout semble incertain, on veut être sûr de son coup. Alors on calcule, on pèse, on repousse - comme pour n'importe quel investissement.

Mais un chez soi qu'on aime ne fonctionne pas comme un placement. Sa valeur ne tient dans aucun tableur, aucun calcul de rentabilité. Elle se vit, chaque jour : le café du matin dans une cuisine où l'on se sent bien, un dîner qui s'éternise, un soir dans une pièce enfin à soi.

Ça ne se chiffre pas. Et le bon moment, lui, n'arrivera peut-être jamais. Les matins, eux, arrivent quand même.

Une salle de bains ouverte sur la chambre, la première question n’estjamais esthétique. Elle est plus simple : est-ce qu...
08/09/2026

Une salle de bains ouverte sur la chambre, la première question n’est
jamais esthétique. Elle est plus simple : est-ce qu’on peut vraiment y vivre.

C’est ce que les clients demandent, presque toujours avec la même
hésitation. Ils aiment l’idée — l’espace qui respire, la lumière qui
circule, le matin qui commence sans porte à pousser. Mais ils redoutent
le reste. Le bruit de l’eau à six heures. Le peignoir humide. Le flacon
posé là depuis trois jours. Tout ce qui, dans une salle de bains fermée,
se referme justement.

Alors on travaille l’inverse de ce qu’on croit. Pas la décoration : le
rangement. Une colonne qui absorbe le peignoir, la serviette, le linge à
laver. Un miroir encastré plutôt que posé. Un plan sans rebord où rien ne
s’accumule.

Le vide n’est pas un parti pris esthétique. C’est une conséquence.

Et quand tout a trouvé sa place, il reste ce qu’on était venu chercher.
Une pièce silencieuse, ouverte, qui ne demande rien.

Suite parentale — projet en conception, Garches.

Sous les combles, la hauteur ne se subit pas. Elle se fabrique.Ici, tout part de là : dégager assez de hauteur au bon en...
06/09/2026

Sous les combles, la hauteur ne se subit pas. Elle se fabrique.

Ici, tout part de là : dégager assez de hauteur au bon endroit pour loger l’intégralité du programme, sans rien sacrifier. La baignoire et la do**he partagent un même volume maçonné — un seul geste, deux usages, aucune cloison inutile.

Derrière, les combles perdus. Trop bas pour qu’on s’y tienne debout, donc inutilisables pour une salle de bain — mais parfaits en rangement. Tout ce qu’on ne veut pas voir y disparaît. La contrainte règle le problème au lieu de le créer.

Ce qui reste, c’est une circulation qui coule. On entre, on se déplace, rien ne gêne. Et une construction presque sculpturale : les blocs, les niveaux, la lumière qui tombe du toit dessinent la pièce autant que les rangements.

Une salle de bain sous combles peut être entièrement fonctionnelle. Elle peut aussi être un endroit où on a envie de rester.

Une pente à 35 degrés ne m’annonce jamais une chambre toute faite. Elle m’annonce d’abord une hauteur perdue.Alors je co...
03/09/2026

Une pente à 35 degrés ne m’annonce jamais une chambre toute faite. Elle m’annonce d’abord une hauteur perdue.

Alors je commence toujours par la même chose : ce qu’on veut faire tenir dans cette pièce, et comment on va y vivre. C’est ça qui décide du plan — pas l’inverse.

Là où le toit descend, je range. Là où il remonte, je laisse respirer l’espace. Les poutres, je ne les cache pas : on ne cache pas ce qui tient la maison debout.

Les proportions posées, le programme respecté. La pièce n’a rien perdu — elle est juste réconciliée avec sa pente.

Un hôtel particulier à Garches, réhabilité en appartements de standing.Ici, une bibliothèque métallique qui sépare sans ...
29/08/2026

Un hôtel particulier à Garches, réhabilité en appartements de standing.

Ici, une bibliothèque métallique qui sépare sans fermer — on la traverse du regard avant de la traverser du corps, jusqu’à la cuisine.

Dans cet HÔTEL PARTICULIER de Garches, une bibliothèque en métal fin, comme un claustra, pose l’espace du salon sans jam...
27/08/2026

Dans cet HÔTEL PARTICULIER de Garches, une bibliothèque en métal fin, comme un claustra, pose l’espace du salon sans jamais cloisonner le grand séjour ouvert sur la cuisine et la salle à manger.
Près de la cheminée, des disques en LAITON suspendus par un fil — comme des bijoux posés sur le mur, un collier qu’on aurait accroché plutôt que porté. Même finesse de trait que le claustra, même écriture.
Une menuiserie courbe referme la séquence en douceur — la maison de maître retrouve une circulation fluide, sans perdre son caractère.

On scrolle, tout est beau — et c’est précisément là que le regard commence à se perdre.À force d’images parfaites, on fi...
25/08/2026

On scrolle, tout est beau — et c’est précisément là que le regard commence à se perdre.

À force d’images parfaites, on finit par confondre ce qui coûte cher et ce qui ne coûte rien, ce qui tient dans le temps et ce qui s’effondre. Le luxe paraît partout, donc accessible — mais c’est un effet d’optique. Le standard, l’ordinaire, tout ce qui n’est pas assez beau pour être posté a simplement disparu de nos écrans.

Et puis il y a les rendus 3D. Beaux, réalistes, rassurants. Ils ont créé une exigence nouvelle : tout voir avant, tout valider avant même que rien n’existe. Mais on valide une image, pas un chantier. Les vrais coûts, eux, restent hors champ.

La belle image rassure. Elle déplace seulement le projet du réel vers sa représentation.

Deuxième volet dans dix jours — celui qui parle du geste, de l’intuition, et des plus beaux intérieurs que je n’ai jamais photographiés.

Une bibliothèque, un portrait ancien, des suspensions en verre fumé au-dessus d’une table en marbre.On construit un inté...
24/08/2026

Une bibliothèque, un portrait ancien, des suspensions en verre fumé au-dessus d’une table en marbre.
On construit un intérieur comme on construit une phrase — chaque élément à sa juste place, rien de trop.

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Un couloir n’est jamais un simple passage.Ici, le chevron clair, une console suspendue en bois massif, un miroir pleine ...
18/08/2026

Un couloir n’est jamais un simple passage.
Ici, le chevron clair, une console suspendue en bois massif, un miroir pleine hauteur — et déjà, le ton de tout l’appartement est donné.

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Deux semaines, chaque été. Zéro chantier, zéro téléphone.Le reste de l’année, je vis au rythme de mes projets à Paris et...
31/07/2026

Deux semaines, chaque été. Zéro chantier, zéro téléphone.
Le reste de l’année, je vis au rythme de mes projets à Paris et dans l’Ouest parisien — celui des artisans, des clients, des plans qui bougent jusqu’au dernier moment. J’aime ce rythme. Mais je crois qu’aucun rythme ne devrait durer toute une vie sans pause.

Alors une fois par an, je pars voir ailleurs. D’autres lumières, d’autres matières, d’autres façons d’habiter un lieu. Ce n’est pas du repos pour le repos — c’est une façon de garder un regard neuf sur mon métier.

Pendant ce temps, mes chantiers continuent. C’est aussi ça, avoir construit une équipe de confiance.

Je reviens toujours avec quelque chose que je n’aurais pas trouvé en restant.

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