02/06/2026
En tant qu'agriculteurs, paysans, nous refusons de voir notre gouvernement proposer et voter une fois de plus des lois qui annoncent ouvertement la disparition des petites fermes au profit de l'agro-business...
Il s'agit de protéger notre souveraineté alimentaire, la qualité de notre eau, de notre environnement.
Les enjeux dépassent clairement la dualité écolo/pas écolo, inutile soit dit en passant.
Nous devons avoir accès à une alimentation et une eau de qualité, et les lois présentées actuellement à l'assemblée nationale promettent le contraire.
L'agriculture ne DOIT PAS être industrialisée, il est de notre devoir de citoyen de dire NON aux fermes-usines, NON à la maltraitance animale, NON à la pollution de nos sols et de notre eau, NON à l'industrialisation.
Nous sommes scandalisés de voir une majorité de député·es privilégier les lobbies de l’industrialisation de l'agriculture au détriment de l'intérêt de la majorité des paysan·nes et des citoyen·nes. Ce texte est pourtant déconnecté des urgences réelles du monde agricole qui fait face aux aléas climatiques, aux crises sanitaires et aux conséquences délétères du libre-échange et de la compétitivité à tout prix. Certaines dispositions sont même archaïques et totalement inadaptées.
Les articles relatifs à l’eau sont nuisibles. Le refus de tout objectif de sobriété et d’évolution des pratiques agricoles sur les périmètres de captage, l’affaiblissement des procédures et des instances démocratiques locales, le développement du stockage à marche forcée ne sont pas des solutions.
Nous craignons fortement que le Sénat acte de nouveaux reculs, en supprimant les quelques avancées obtenues sur la question du revenu. S’agissant de l’acétamipride, nous mettons en garde contre toutes velléités de réintroduire ce néonicotinoïde interdit en France depuis 2020. Il en va de l’intérêt des paysan·nes et des citoyen·nes, qui ont été plus 2 millions à demander la suppression de cette disposition et de la loi Duplomb.
Concernant l’élevage, c'est un passage en force orchestré par le gouvernement pour favoriser l'agrandissement des élevages. Cette orientation délétère va accélérer l'intensification, la spécialisation des régions et la disparition des fermes. Les débats ont révélé l'irresponsabilité d'une partie des député·es vis-à-vis des enjeux de renouvellement des générations et de souveraineté alimentaire.
Alors même que la question du revenu est au cœur de toutes les mobilisations agricoles depuis 2024, la Ministre de l’agriculture et la majorité sénatoriale ont déjà fait part de leur volonté de supprimer la disposition relative aux prix planchers adoptée par les député·es, sans que l’on ne sache ce qu’il adviendra de l’expérimentation des tunnels de prix. Une preuve de plus que ce projet de loi n’est pas la réponse aux urgences sur les fermes, mais bien la compilation des intérêts particuliers de l’agro-industrie.
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