15/10/2014
La forêt de Bouskoura représente un grand « signe » à l’échelle territoriale, cette masse boisée presque
« sculpturale » marque le paysage, en lui donnant son identité.
Tout acte humain (axes routières, ensembles bâtis, etc.) est forcément obligé de se confronter et se
rapporter avec l’échelle de ce « fond de scène » imparable, tout nouvelle insertion dans ce paysage doit
se faire en « douceur » et sans agressivité.
Par rapport à un contexte de cette nature, la réponse ne peut pas venir de l’ « architecture » : une
composition d’objets architecturaux assemblés et juxtaposé selon un « masterplan » plus ou moins
fonctionnel.
La présence de cette masse boisée et l’étendu du programme, nous impose d’aller au-delà de
l’ « architecture » stricto sensu pour explorer les territoires du « land – art », de dépasser les frontières
traditionnelles entre paysage, urbanisme et architecture.
Le projet trouve sa raison d’être dans l’orographie du site : une pente descendante en direction sud-nord.
Cette morphologie est décomposée dans une trame paysagère, un système des plateaux ou terrasses,
parallèles aux courbes des niveaux.
Chaque plateau est découpé perpendiculairement par un système d’axes nord-sud assurant à la fois les
accès aux différents activités et marquant ainsi une séries des percées visuelles vers la plaine, les entrées
au centre étant situées au sud le long de l’ensemble bâtie de la zone et auquel le projet oppose son vis-àvis.
Chaque terrasse accueille et « dissimule » les différentes fonctions, certaines terrasses sont laissées
vides et constituent des véritables places, des moments de respiration au sein du complexe.
L’utilisateur, en y accédant en partie haute, sera amené, comme dans un grand amphithéâtre, à
« découvrir » le paysage et les activités du centre, dont les terrains d’évolution et les pistes sont situés en
partie basse.
Le projet se transforme ainsi dans un véritable fragment de « géographie », une architecture « furtive »,
dissimulée dans les plis du terrain, qui au-dessous de ses toitures plantées - un univers « naturel »
inspiré aux principes de l’horticulture et des arts de jardin - accueil un univers « artificiel » celui de la
technique, de la construction, de l’élevage.
De même le profil descendant depuis l’entrée transforme les terrasses plantées du futur complexe dans sa
véritable « cinquième façade », un « damier » qui devient son «image de marque » depuis l’axe routier
situé à l’ouest.
En correspondance de l’entrée principale, une grande percée visuelle est créée vers le seul véritable
« bâtiment » du projet, celui qui, conçu comme une grande halle, accueille le grand et le petit manège.
Cette percée met en communication visuelle les pistes, les manèges et l’entrée principale au complexe.
Spectateurs et chevaliers, découvrent la sensation d’évoluer au «pied» d’une colline artificielle, confrontée
au nord à l’horizon « fixe et immutable » de la plaine et ses pistes et au sud à une succession d’horizons
« multiples et changeant » au fil du temps et des saisons (les terrasses plantées, les volets pliantes des
bâtiments, les bassins et enfin le ciel).
Chaque plateau, en y déversant ses eaux de pluie, contribue à l’alimentation du système de bassins de
rétention situe en partie centrale.
Cet élément central marque aussi une démarcation fonctionnelle à l’intérieur du complexe :
· les terrasses à l’ouest étant dédiées aux activités plus proprement publiques du centre (accueil,
restaurants, hébergements, etc.),
· les terrasses à l’est étant destinées à accueillir les fonctions dédiées à la gestion du centre (zone
technique, etc.).
Equipe Erradi architecte – B+C Architectes Avril 2013
M.O SOREC Budget 240 MDHS
Projet 5éme place