Atelier Façila - architectures & paysages

Atelier Façila - architectures & paysages Atelier d’architecture - urbanisme - paysage

Après la lourdeur de The Brutalist et en attendant L’Inconnu de la Grande Arche, voilà un film de 1949 qui donne enfin u...
28/12/2025

Après la lourdeur de The Brutalist et en attendant L’Inconnu de la Grande Arche, voilà un film de 1949 qui donne enfin un visage humain à l’architecte : The Fountainhead. Oui, 1949. Un demi-siècle avant que nos écrans saturent de “concepts” sans chair et de postures instagrammables, Hollywood savait déjà que l’architecte n’est ni star, ni simple exécutant.
Howard Roark n’est pas spectaculaire pour séduire. Il avance seul, opiniâtre, sans concessions. Son architecture n’est pas un produit marketing, mais un acte moral. Il refuse les compromis tièdes, les slogans consensuels, les décorations vaines.
Ici, on peut penser à l’Hôtel du Lac à Tunis : né d’une carte blanche présidentielle, brutal, frontal, affirmé dans sa stature, sans chercher à plaire, mais portant une vision forte de l’architecture. Comme Roark, ce bâtiment n’est pas là pour séduire le public : il prend position, avec courage et intégrité.
En ces temps de concours de surface et de façades tape-à-l’œil, The Fountainhead nous rappelle une vérité simple et caustique : être architecte, c’est d’abord choisir sa position et la défendre, envers et contre tout.

The Fountainhead 1949

Il n’était pas architecte, et pourtant, il parlait d’espace avec plus de vérité que beaucoup d’entre nous.Salgado ne des...
24/05/2025

Il n’était pas architecte, et pourtant, il parlait d’espace avec plus de vérité que beaucoup d’entre nous.
Salgado ne dessinait pas des murs. Il dévoilait ce qui les traverse. Il montrait la poussière, les failles, les regards, les foules courbées par le monde — et dans chaque image, il bâtissait une cathédrale de lumière et d’humanité.

Comme nous, il travaillait la matière — mais la sienne était la souffrance, la dignité, la nature meurtrie ou renaissante.
Comme nous, il cherchait l’équilibre — mais le sien tenait entre un cri et un silence, entre l’ombre noire du réel et une lumière presque divine.
Salgado ne capturait pas, il révélait.

Il photographiait les exilés, les ouvriers, les peuples racines comme s’il leur redonnait un abri — et ses cadrages, ses noirs profonds, ses perspectives millimétrées nous rappelaient que l’espace peut être récit, que le cadre peut devenir justice.

À travers lui, j’ai compris que la beauté n’est pas un effet de style.
C’est une forme de respect.
Une manière d’ordonner la complexité du monde pour qu’elle dise enfin quelque chose d’universel.

Salgado fut pour nous autres architectes une leçon d’écoute, de lenteur, de lucidité.
Il ne bâtissait pas des œuvres : il posait des pierres de mémoire.

Réalisé par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, avec Sebastião Salgado et Juliano Ribeiro Salgado.Portrait du photographe brésilien Sebastião Salgado et ...

Chronique d’un jury – 2 mai 2025 – Nord-Ouest de la TunisieTourisme, territoire, théâtre d’ombres et fausse respiration ...
04/05/2025

Chronique d’un jury – 2 mai 2025 – Nord-Ouest de la Tunisie
Tourisme, territoire, théâtre d’ombres et fausse respiration verte.

J’ai accepté de siéger à un jury d’architecture sur invitation d’un ancien confrère, croisé du temps où j’enseignais à l’École nationale d’architecture. Il voulait, disait-il, que j’apporte mon regard d’architecte «critique» (comprendre : encore un peu libre) sur un projet touristique d’envergure, sur un terrain boisé de 7 hectares, dans une région du nord-ouest qui manque cruellement de développement et de regards attentifs.

J’ai reçu les dossiers : quatre groupements d’architectes, un volume de travail impressionnant livré dans un délai ridiculement court. Et, en parallèle, un cahier des charges où l’ambiguïté le dispute au cynisme. Sous couvert d’«écotourisme responsable», on trouve pêle-mêle : un COS de 0,3 sur un terrain en pente et densément arboré ; des hébergements hôteliers hors-sol avec piscines, spas, restaurants et salles polyvalentes ; de l’« animation touristique » indéfinissable (entre golf fantasmé et chicha probable) ; et surtout, cerise sur le béton : 30 % de programme immobilier à vendre — villas et appartements, évidemment accessibles en voiture, forcément détachés du projet global.

Bref, un programme schizophrène, à mi-chemin entre nostalgie bétonnée du Club Med et fantasme néolibéral d’une rentabilité immédiate. Le tout enveloppé d’une rhétorique verte prête-à-porter. Autant dire que j’y suis allé avec un mélange de curiosité, de scepticisme... et d’inquiétude.

Le jour du jury, je retrouve des confrères et consœurs brillants, bienveillants, engagés — tous venus avec l’envie sincère de défendre la qualité architecturale. Les présentations commencent. Deux équipes le matin, deux l’après-midi. Chacun tente de faire tenir ce programme hypertrophié dans un site fragile. Tous sont confrontés à la même absurdité : un tiers du terrain constructible, des voieries techniques, des accès pompiers, et une injonction à l’image, à l’effet, au rendement.
Mais surtout, tous se heurtent à la phobie du vide. Ce mal tunisien profond : croire que tout terrain vide est un terrain perdu, croire qu’une forêt sans voiture est une perte d’exploitation, croire qu’un projet sans béton est un projet sans avenir. Une forme de gourmandise suicidaire, qui fait de l’architecture un simple outil d’occupation — alors qu’elle devrait être projet de société.

Et pourtant, malgré l’absurdité, il y eut un moment de grâce. Une équipe, parmi les quatre, a réussi à déplier une pensée. À hiérarchiser, à articuler les usages, à ménager des respirations. Un projet élégant, juste, ancré. Une vraie réponse architecturale, courageuse et posée. Mais voilà : elle n’a pas été retenue.
Le choix final — déjà acté dans les couloirs, comme souvent — a préféré une équipe « en place », dans une sorte de reconduction silencieuse, confortée par la présence d’un jury convoqué a posteriori pour valider l’orientation. Une scène de théâtre. Une pièce déjà écrite. Il ne restait plus qu’à applaudir poliment.

En sortant de cette journée, la déception est multiple.
D’abord, devant l’absence d’évolution dans la manière de penser le tourisme depuis 25 ans - voire bien plus- : même recettes, mêmes mythes, mêmes erreurs.

Ensuite, face au vide abyssal de vision stratégique sur le développement régional — comme si injecter du foncier à vendre suffisait à faire société.
Et enfin, devant l’instrumentalisation des architectes dans des concours faussement ouverts, sans programme réfléchi, sans véritable appel à penser.

Ce jour-là, l’architecture tunisienne a livré un combat d’idées. Mais ce n’est pas l’idée qui a gagné.
Il devient urgent de rappeler que l’architecte n’est pas un prestataire d’habillage, ni un fournisseur de rendus. Il est, ou devrait être, un éclaireur de possibles, un médiateur entre territoire, usages et temps long.

Et si les maîtres d’ouvrage refusent de l’entendre, alors il faudra, nous, continuer de l’écrire.

Médina de Sousse : entre intentions louables et nécessité d’action pragmatique- Vers un partenariat entre l’Association ...
21/03/2025

Médina de Sousse : entre intentions louables et nécessité d’action pragmatique

- Vers un partenariat entre l’Association de Sauvegarde de la Médina et l’Ordre des Architectes de Sousse -

Réunis le 19 mars 2025 à Dar Echaraa, cœur historique de la Médina de Sousse, les membres de l’Association de Sauvegarde de la Médina (ASM) ont accueilli une délégation de la section régionale de l’Ordre des Architectes de Sousse pour une réunion de travail autour d’un partenariat à construire. À l’ordre du jour : la question cruciale de la réhabilitation du tissu urbain ancien et la place à redonner à l’architecte dans cette dynamique.
Un point d’alerte a rapidement émergé : le « Guide architectural » envisagé par l’ASM ne peut avoir de portée réelle s’il n’est pas d’abord pensé comme un outil urbain, porteur de valeurs, de typologies, et de potentiels de régénération. Car une ville ne se préserve pas uniquement pour sa mémoire ; elle se régénère aussi par sa capacité à produire des ressources, à recréer du lien et du désir d’habiter.
La Médina de Sousse représente à ce titre un point d’ancrage essentiel pour toute tentative de revitalisation de l’hypercentre. Comme l’ont montré de nombreuses villes méditerranéennes, la régénérescence des centres historiques n’est ni linéaire ni automatique ; elle exige un effort coordonné et lucide. À bien des égards, Sousse suit aujourd’hui la trajectoire amorcée, il y a une quinzaine d’années, par la Médina de Tunis : apparition de maisons d’hôtes, ouverture de restaurants, premiers signes de gentrification... mais sans pour autant bénéficier des mêmes ressources ou de la même visibilité.

Une dynamique paralysée par les lourdeurs administratives:
Le principal frein à cette régénérescence reste d’ordre institutionnel et administratif. Un décalage profond subsiste entre les ambitions affichées par les autorités locales et la réalité de terrain, plombée par l’inertie de l’Institut National du Patrimoine (INP) et l’absence d’une politique volontariste. Résultat : les citoyens, souvent modestes, n’ont ni les moyens ni les repères pour restaurer leur logement dans le respect des normes patrimoniales.
Trois phénomènes se superposent et s’aggravent mutuellement :
• L’urgence sociale, qui pousse les habitants à faire des réparations rapides, souvent inadaptées, voire dangereuses pour le bâti ;
• L’attrait pour des standards dits « modernes », qui entraînent des transformations radicales du tissu urbain, comme le passage des maisons à patio à des immeubles alignés sur rue, en rupture avec la logique introvertie et intimiste de l’habitat médinal ;
• La complexité des procédures légales, qui détourne les habitants du recours à l’architecte et encourage les constructions illégales, anarchiques, souvent irréversibles.
Ainsi, l’architecte devient un acteur marginal, voire un simple tampon administratif pour l’obtention du permis de construire, alors même que son rôle devrait être central dans la régénérescence du patrimoine urbain.

De l’initiative bénévole à l’expérimentation concrète:
L’ASM propose aujourd’hui de mobiliser, avec l’aide de l’Ordre, des architectes volontaires pour accompagner les habitants les plus démunis dans la réparation de leur logement. Cette initiative est précieuse. Mais elle ne saurait, à elle seule, suffire à inverser la tendance.
Ce dont la médina a besoin, c’est d’opérations pilotes, de projets ciblés, concrets, à échelle humaine. Ces interventions maîtrisées, visibles, peuvent créer un effet d’entraînement et restaurer la confiance des habitants dans les démarches légales. Elles permettent également aux professionnels, aux associations, aux institutions de se coordonner de manière plus efficace, et au Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) — réactivé depuis 2023 selon La Presse — de jouer pleinement son rôle de cadre référentiel.
Loin des incantations globales, ces petites victoires urbaines peuvent devenir des modèles reproductibles. À Sousse, l’enjeu est d’autant plus fort que, comme le rappelait un article du 13 février 2025 (La Presse), la médina fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux plan de sauvegarde. Encore faut-il que ce plan s’incarne dans des actions palpables.

Pour un « Guide du bon citoyen de la Médina »:
Un autre outil apparaît aujourd’hui indispensable : un « Guide administratif » — ou plutôt un « Guide du bon citoyen de la Médina de Sousse ». Il s’agirait d’un manuel simple, illustré, pratique, co-rédigé par l’ASM, l’INP, la municipalité et l’Ordre, expliquant :
• les démarches pour rénover ou agrandir légalement une maison dans la médina,
• les principes fondamentaux de l’urbanisme médinal (mitoyenneté, ensoleillement, circulation de l’air, intimité, etc.),
• des techniques de construction traditionnelles ou leurs équivalents contemporains compatibles avec l’esprit des lieux,
• des exemples de rénovations réussies, avec analyse des facteurs de succès.
Ce guide, avant tout pédagogique et accessible, aurait pour ambition de redonner confiance aux habitants, de réconcilier la médina avec ses citoyens, et de faire de l’architecte non plus un obstacle administratif, mais un allié au service du projet.

La sauvegarde de la médina ne pourra réussir que si elle est collective, incarnée, ancrée dans le réel. Et c’est peut-être par des gestes modestes, mais répétés, qu’elle retrouvera peu à peu l’âme que la bureaucratie menace d’étouffer.

L’Hôtel du Lac : une expression structuraliste plutôt que brutalisteSi l’Hôtel du Lac de Tunis est souvent rattaché au b...
20/02/2025

L’Hôtel du Lac : une expression structuraliste plutôt que brutaliste

Si l’Hôtel du Lac de Tunis est souvent rattaché au brutalisme, son architecture se prête à une lecture plus nuancée. Derrière sa silhouette en éventail qui lui confère le statut de Landmark et d’icône de l’architecture internationale à Tunis, son essence repose davantage sur une logique structuraliste, où la forme naît d’un système porteur rationnel et modulaire.

Loin de se limiter à l’usage du béton brut de décoffrage, le brutalisme est avant tout une démarche architecturale, cherchant à exprimer la structure de manière franche et lisible, indépendamment du matériau employé. Cette approche met en avant la logique constructive, l’honnêteté des formes et une esthétique où les éléments porteurs deviennent un langage en soi.
Un exemple marquant de cette diversité est le siège de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) à Casablanca, conçu en 1975 par l’architecte Patrick Collier. Son architecture combine une monumentalité affirmée avec des éléments préfabriqués et une organisation spatiale rigoureuse, démontrant que l’expression brutaliste ne repose pas uniquement sur le béton apparent, mais aussi sur une rationalité structurelle et une écriture architecturale cohérente. De même, le projet Plot #1282 de Bernard Khoury, entrepris à Beyrouth après l’explosion du port en 2020, témoigne d’un brutalisme contemporain où l’expressivité architecturale s’appuie sur des matériaux divers — métal, verre, béton — tout en conservant une force sculpturale et une lisibilité structurelle affirmée.

Dans le cas de l’Hôtel du Lac, l’approche structuraliste semble toutefois plus pertinente. Contrairement aux œuvres emblématiques du brutalisme, qui exaltent la matérialité brute du béton, l’Hôtel du Lac ne met pas en scène un béton texturé et expressif, mais plutôt un système constructif modulaire et répétitif, où la structure elle-même devient un organisme générateur d’espace. Son porte-à-faux spectaculaire et sa forme pyramidale inversée traduisent une recherche avant tout structurale, plus proche des approches développées par des architectes comme Herman Hertzberger et Kenzo Tange, figures majeures du structuralisme.
Hertzberger, notamment avec son Central Beheer Office (1972-1974) à Apeldoorn, conçoit un bâtiment où la structure modulaire génère des espaces flexibles et évolutifs, basés sur des cellules répétitives adaptables aux usages. De son côté, Kenzo Tange, dans ses projets comme le Shizuoka Press and Broadcasting Center (1967-1968) à Tokyo, explore une architecture en grappes où la structure devient un cadre évolutif, capable de s’adapter aux besoins futurs. Ces approches résonnent fortement avec la logique constructive de l’Hôtel du Lac, où l’ossature modulaire et l’organisation des volumes permettent d’envisager des mutations programmatiques.
Cette logique structuraliste confère à l’Hôtel du Lac une flexibilité fonctionnelle qui le rend particulièrement propice à des projets de réhabilitation et de reconversion. Son emplacement stratégique au cœur de Tunis et son statut de Landmark urbain en font un candidat idéal pour accueillir des fonctions hybrides, adaptées aux dynamiques contemporaines de la ville. Des réflexions récentes ont d’ailleurs été menées pour préserver et revitaliser ce bâtiment emblématique. En 2024, la décision a été prise de le restaurer et le moderniser plutôt que de le démolir, avec la possibilité d’y intégrer un complexe commercial et des hébergements touristiques, selon des rapports récents.

Ainsi, l’Hôtel du Lac s’apparente davantage aux expérimentations architecturales des années 1960-70, cherchant à articuler logique constructive et flexibilité spatiale. À travers cette grille de lecture, il apparaît moins comme un manifeste du brutalisme que comme un exemple remarquable de structuralisme, où la structure devient langage et non simple matérialité.

© a. h. avec les conseils d'un ami 🙂

🏆 Our project "Oil Mill of Segermès",https://www.facebook.com/domainedesegermes,  has been nominated for the Building of...
05/02/2025

🏆 Our project "Oil Mill of Segermès",https://www.facebook.com/domainedesegermes, has been nominated for the Building of the Year 2025 Award! 🏆
We are incredibly proud to announce that the Oil Mill of Segermès has been nominated in the "Industrial Architecture" category of the prestigious ArchDaily competition.

🌿 A project deeply rooted in its territory
Nestled in a preserved Mediterranean landscape, the Oil Mill of Segermès embodies industrial architecture in perfect harmony with its environment. Inspired by ancient olive mills and local craftsmanship, the project blends tradition and modernity through raw materials, local stone walls, and a refined contemporary structure.

☀️ A dialogue between architecture and nature
Designed to take full advantage of the climate and topography, the building features optimized natural ventilation, carefully crafted shading, and seamless integration into its surroundings. More than just an oil mill, it is a space that honors heritage and ancestral know-how while meeting contemporary standards of efficiency and sustainability.

✨ Support our project! ✨
Every vote brings us closer to victory! 🙌 If you believe in an industrial architecture that is rooted, sustainable, and poetic, vote for us now on ArchDaily!

📌 Vote here: https://boty.archdaily.com/us/2025/candidates/174538/

🔗 Vote before February 12th at 12:01 AM EST

Thank you for your support! 🙏💛

Projet « Diar Echat et Diar El Golf » à Sousse NordL’appel à candidature lancé par la société Sousse Nord pour la constr...
05/02/2025

Projet « Diar Echat et Diar El Golf » à Sousse Nord

L’appel à candidature lancé par la société Sousse Nord pour la construction de logements à El Kantaoui suscite des interrogations profondes quant à la place de l’architecte dans la conception d’un projet d’une telle envergure. En analysant le cahier des charges, plusieurs points révèlent une approche purement administrative et quantitative, au détriment d’une vision architecturale et urbaine qui aurait dû être à la hauteur du site exceptionnel concerné.

1. Un site d’exception traité comme un programme standardisé
Située au cœur du golf de Kantaoui, l’opération « Diar Echat et Diar El Golf » s’inscrit dans un cadre paysager d’une rare qualité, dont la conception originelle est largement attribuée à Olivier-Clément Cacoub, l’un des pionniers de l’architecture contemporaine en Tunisie. Pourtant, le document de consultation se limite à fixer des coefficients d’occupation des sols (COS et CUF) maximaux, sans aucune réflexion préalable sur l’impact paysager et environnemental du projet.
Une approche plus rigoureuse aurait nécessité un Masterplan, en amont de la désignation des architectes, afin de définir les grands principes d’aménagement et d’implantation en tenant compte du site. Une telle démarche aurait pu être initiée sous forme d’un concours d’idées, permettant d’explorer des scénarios variés d’intégration urbaine et paysagère. Or, le cahier des charges impose des règles rigides qui contraignent la conception dès le départ.

2. La notation des références : une absurdité quantitative
L’un des points les plus problématiques de cet appel à candidature réside dans son système de notation des groupements d’architectes. En effet, si l’obligation d’intégrer des architectes de différentes générations (plus de 20 ans et moins de 10 ans d’expérience) est une initiative louable qui favorise la transmission et l’émergence des jeunes professionnels, son articulation avec une grille de notation purement quantitative est totalement contre-productive.
Ce système privilégie les groupements cumulant le plus de mètres carrés construits et le plus grand nombre de projets réalisés. Or, la qualité architecturale d’un projet ne se mesure pas au poids des références accumulées. Un architecte ayant conçu un seul projet exceptionnel, en parfaite adéquation avec son contexte, ne serait donc pas mieux noté qu’un autre ayant enchaîné des réalisations médiocres, mais en grand nombre.
Cette approche revient à nier la valeur intrinsèque du travail architectural et à transformer l’évaluation des candidatures en un simple calcul arithmétique. Elle pousse les architectes à constituer des groupements de circonstance, basés sur des critères purement stratégiques plutôt que sur une complémentarité réelle entre les compétences.

3. Une méthodologie qui limite la créativité et la pertinence des propositions
En privilégiant la rapidité de la procédure et la mise en conformité réglementaire, cet appel à candidature sacrifie la possibilité de générer des idées innovantes et adaptées au site. Contrairement à un concours d’architecture où les candidats proposent des visions stratégiques pour le projet, ici, les équipes retenues devront se conformer à un cahier des charges rigide et contraignant dès les premières phases d’étude.
L’absence d’une phase exploratoire et la rigidité des critères de sélection empêchent donc toute réflexion approfondie sur des thématiques cruciales telles que la relation entre le bâti et le paysage, la densité optimale pour un cadre aussi sensible, ou encore l’impact environnemental de l’opération.

Un signal d’alarme pour la profession
Cet appel à candidature illustre une tendance préoccupante dans la manière dont sont sélectionnées les équipes de maîtrise d’œuvre en Tunisie. Il ne s’agit pas ici d’un simple débat sur une procédure spécifique, mais d’un enjeu plus large : comment garantir que l’architecture reste une discipline de conception et d’innovation, et non une simple exécution de directives préétablies ?
La profession d’architecte ne peut se réduire à une compétition de chiffres et de références comptabilisées. Il est urgent de repenser ces modes de sélection pour redonner aux architectes la place qui leur revient : celle de concepteurs engagés, capables de proposer des réponses pertinentes et contextuelles aux enjeux urbains et paysagers de demain.

Heureux d'annoncer que notre projet de l' Ecole Polytechnique Sousse est finaliste de la compétition "Building of the Ye...
28/01/2025

Heureux d'annoncer que notre projet de l' Ecole Polytechnique Sousse est finaliste de la compétition "Building of the Year 2025" dans la catégorie "Educational Architecture" sur la plateforme ArchDaily

These are the candidates eligible for the Building of the Year 2025. Browse the projects and vote for the winners.

Address

Hammam Susah
4011

Opening Hours

Monday 08:30 - 17:00
Tuesday 08:00 - 17:00
Wednesday 08:30 - 17:00
Thursday 08:30 - 17:00
Friday 08:00 - 17:00

Telephone

+21673324569

Alerts

Be the first to know and let us send you an email when Atelier Façila - architectures & paysages posts news and promotions. Your email address will not be used for any other purpose, and you can unsubscribe at any time.

Share