Edifices & Mémoires
Présentation et objectifs :
L’association Edifices & Mémoires surgit, comme un sentiment d’urgence, vise la réappropriation « autrement » du patrimoine, elle se place comme organisme qui vise à fluidifier la communication entre la recherche scientifique et l’action citoyenne. Jouant le rôle de médiateur, Edifices & Mémoires cherche à offrir à tous, non seulement, un terrain
de recherche-action pluridisciplinaire pour ceux qui auront besoin d’avoir accès à des relevés, des cartographies, des informations sur des lieux faisant partis de notre mémoire d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi à offrir un terrain d'études, d’immersion et de rencontre entre des professionnels, académiques, artistes et tout citoyen voulant valoriser et mettre en place de nouvelles technologies pour faciliter l’accès et s’approprier autrement un patrimoine tunisien varié qui ne cesse de se régénérer ...
Contexte
En Tunisie, il y a une grande richesse culturelle et historique, mais qui demeure peu connue. Après les bouleversements du 14 janvier 2011, un bouillonnement de questionnements identitaires a vu le jour. Les jeunes s'efforcent de se réconcilier avec leur appartenance "nationale" et cherchent à s’accrocher à des icônes. Entre temps, la Tunisie a enregistré durant ces années plus de soixante attaques criminelles dont certaines dans des lieux de cultes soufis et d’autres destructions dans des quartiers historiques. Emergence du collectif
C’est dans ce contexte que six architectes collaborant pendant six années dans les ateliers de l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis et errant dans les rues de cette ville, ont choisi de se réunir après huit autres années de parcours professionnels diversifiés avec d'autres disciplines et d'autres sensibilités, autour d'un objectif commun : celui de la mise en place d'une vision nouvelle envers le patrimoine architectural, paysager et urbain, en faisant appel à sa vulgarisation et à son accessibilité par des interventions citoyennes et l’intégration de nouvelles technologies. Nous cherchons ici à faire un petit pas vers sa réappropriation, donc vers sa sauvegarde : le vivre et le revivre autrement. Rapport au patrimoine
le rapport au patrimoine, n’est pas seulement issu d’une reconnaissance scientifique et historique de sa valeur mais serait aussi issu d’un imaginaire, d’un mythe, d’une action collective ou d’une appropriation des lieux. Le patrimoine n’est-il pas aussi ce qui fait appel à la mémoire collective ? Dans cette même lignée, nous questionnerons des méthodes possibles à mettre en place, plus adaptées au citoyen, à sa propre identité et non plus une pâle copie de ce que nous pouvons trouver ailleurs comme en Europe par exemple. Le patrimoine peut ainsi être envisagé autrement que figé dans des espaces clos, édifiés à cet effet. Au sein de ce collectif, nous cherchons à rester attentifs aux singularités, aux dispersions, aux discontinuités, aux pertes, au non-archivage et surtout aux dénis culturels et historiques. En d’autres termes, nous voulons passer d’un patrimoine figé pour tous à un patrimoine conçu et vécu par tous. Moyens et actions à court et long terme
Pour ce faire, nous pensons qu’il est nécessaire de commencer par effectuer un travail d’inventaire, de relevé, de géolocalisation, de documentation, de recentralisation de données déjà existantes et de tout ce qui relève du patrimoine tunisien et de la mémoire collective ancienne et récente. Ce recensement et sa valorisation ne sont possibles aujourd’hui que grâce aux nouvelles technologies qui sont à notre disposition. Les territoires qui regorgent de sites à forte valeur patrimoniale restent marginalisés. Il faut donc inventer une autre manière de présenter les sites à caractère patrimonial au public. Au delà des musées, des expositions et les gardiens de sites classées, nous préconisons une plate-forme collaborative et informatisée pour gérer les différents objets inventoriés et géo-localisés. Nous comptons bien sûr réaliser cette tâche aussi avec la collaboration des adhérents, étudiants, stagiaires, doctorants ou tout autre personne sensibilisée à cette problématique. Nous comptons aussi investir des applications connectées. Indépendants, les usagers se laisseront guider par cette application afin d'atteindre un site particulier. Nous envisageons par ailleurs d’organiser des chantiers bénévoles pour initier une dynamique d’appropriation nouvelle. Stratégie
Si la démarche adoptée par notre association est valable pour dynamiser et se réapproprier le patrimoine, elle devrait aussi être capable de se dynamiser elle-même. Pour se préparer donc aux aléas et aux changements futurs, notre stratégie est de toujours viser, d’une part, des actions interdisciplinaires et, d’autre part, une proximité avec le terrain et la réalité tunisienne. Cherchant à ne pas tomber dans la systématisation que nous avons condamnée par ailleurs, notre objectif serait de toujours veiller à « se régénérer pour ne pas dégénérer ». Fondateurs
Emin Turki, Hatem Béjar, Mohamed Amine Ben Saïd, Béchir Riahi, Mohamed Ilyes Dargouth, Anis Bouden
Contact
[email protected]
Publications scientifiques des membres
Béjar, H., “Plus qu’un patrimoine figé, un patrimoine conçu et vécu”, in Le Patrimoine culturel à l’ère du numérique, Séminaire HIS2, Kerkennah, Tunisie, 3-4 avril 2015. et Leclercq, P., “Smart Heritage”, in Cultural Heritage Information design, HIS3, Hyperheritage international seminar, Kerkennah, Tunisie, 5-7 Mai 2016. Bibliographie
Boll de bal M., Reliance, déliance, liance : émergence de trois notions sociologiques
Morin, E., Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990. Morin, E., La Méthode. La Nature de la Nature, Paris, Seuil, 1977. Sauquet, M., Vielajus, M., “L’intelligence interculturelle” Editions C.L.Mayer, 2014. Vers une approche intégrée du patrimoine culturel européen, Communication de la commission au parlement européen, au conseil, au comité économique et social européen et au comité des régions, Bruxelles, 22 juillet 2014. www.inp.rnrt.tn